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En Agility, l’obstacle le plus présent est la haie. En compétition le chien sautera au minimum 7 fois par parcours. Et bien plus à l’entrainement.

Avec ou sans barres qui tombent, les problèmes de sauts sont fréquents et pourtant peu étudiés.
Piétinements, sauts trop hauts, groupés, des prises d’appel très éloignés, atterrissages ratés : autant de signes qui donnent l’alerte. Le chien saute mal et il y a danger.

Car bien au delà des pertes de temps et des pénalités, c’est sa santé qui est en jeu. Si on en croit les études statistiques, 40% des accidents en Agility seraient en lien avec les haies (A.Balzer, Traumatologie en Agility).

Ces accidents peuvent créer des pathologies à court terme (entorses, déchirures…) ou long terme (tendinites, arthrose…). Les conséquences de ces blessures sont bien connues: douleurs, repos forcé, boiteries, rééducation… La carrière sportive et la vie quotidienne de nos compagnons sportifs sont fortement affectés.

De ce constat, naît la nécessité de prévenir, détecter et corriger au maximum tout problème de saut.
Quatre actions sont à mettre en place pour aider le chien : éliminer l’éventualité d’une douleur ou gène physique, connaître la mécanique du saut pour identifier rapidement tout problème, apprendre au chien comment sauter et enfin donner des indications précise sur le parcours.

Eliminer toute restriction physique

Une ampoule sur un coussinet, une sciatique, une tendinite, une gastrite, une dysplasie… que la douleur soit ponctuelle ou chronique, elle doit être synonyme d’une pause d’Agility pour le chien. Il ne peut pas sauter correctement.
Et soyons franches : ce n’est vraiment pas respectueux de son bien être.

Un autre point sur lequel il faut être vigilent est la fatigue.
Elle est rapidement présente chez ceux qui manquent d’endurance ou sont en surpoids.
Les chiens qui s’excitent, aboient ou qu’on ne laisse tout simplement pas récupérer en souffrent aussi.
Une fois sur le parcours d’Agility, ces chiens n’ont ni la concentration ni la force pour se propulser correctement au dessus des haies.

Un défaut musculaire, proprioceptif ou un manque de souplesse influencent grandement les sauts.
Le chien aura besoin de tout ça pour s’élancer correctement au dessus de la barre, s’étendre en ligne droite ou se courber pour tourner court.
La préparation physique est une fondation indispensable au travail du saut.

Aussi, l’échauffement et la récupération sont indispensables pour que le chien puisse déployer 100% de ses capacités.

Enfin, un autre problème physique peut gêner votre chien lors des sauts : la vision.
Une cataracte précoce, l’atrophie progressive de la rétine ou encore un glaucome sont des cas rares. Mais ils existent et cette piste peut aussi être explorée.

Avant d’aborder le travail du saut, il est indispensable d’écarter toute gène ou douleur chez le chien.
Dans ce domaine, seul un professionnel pourra répondre à vos questionnements.

Nous vous recommandons de consulter au besoin un vétérinaire, un ostéopathe, un kinésithérapeute, un instructeur en fitness canin ou encore un masseur canin.
Vous pourrez demander un check-up complet de l’état physique de votre chien.
Celà vous permettra d’écarter sinon de soigner toute pathologie avant d’aller plus loin.

Le saut est un élément important à prendre en compte en Agility, quelque soit la taille du chien

 Connaître la mécanique du saut

C’est souvent le cas chez les conducteurs d’Agility : ils se savent pas que leur chien saute mal, non pas par négligence mais plutôt par méconnaissance.

Il faut dire que lorsqu’on conduit le chien, c’est difficile de l’observer en plein saut. Pour celà, il sera plus approprié d’utiliser la vidéo de préférence au ralenti.

Vous pourrez alors compter les foulées, identifier le point d’appel et le point de réception. Également, vous pourrez observer la forme des différents sauts : en ligne droite, en courbe, en tourné courts.

Cliquez ici pour voir une vidéo détaillée avec nos explications sur la mécanique du saut

Ces connaissances vous seront indispensables pour détecter les problèmes de saut chez votre chien et identifier les points qui sont à travailler en particulier.

Un beau saut en ligne droite sans restriction: dos et tête alignés, postérieures en extension complète

Un apprentissage solide du saut

C’est un fait, tous les chiens ne sont pas nés avec l’option « saut parfait ». Chez la plupart d’entre, sauter correctement n’est pas instinctif.

Certains sautent de trop près ou de trop loin.
D’autres regardent trop leur conducteur et en oublie de se concentrer sur la barre.
Et puis il y a aussi ceux qui sautent trop haut avec les 4 pattes groupées comme un lapin.

Et bien sur, ceux qui prennent les virages comme les paquebots.

Bref, chacun son style de saut, mais pas vraiment pas le bon…

Pour ces chiens là, on va devoir leur apprendre à sauter.
Mais pas sur un parcours d’Agility ! Et ce pour de multiples raisons : la vitesse, l’excitation, la diversité des obstacles, le conducteur qui peut se tromper, la fatigue….
Autant de facteurs qui n’aideront pas le chien à se focaliser sur un seul apprentissage : le saut.

Sur la Planète Agility, on enseigne le saut à nos chiens sur des exercices très spécifiques : des grilles de sauts.
A l’aide de ces petits enchaînements de quelques haies, on apprend au chien à se focaliser vers l’obstacle, à ajuster ses foulées, ou encore à changer rapidement de pied d’appel.

L’autre avantage de ces exercices, c’est que le chien est focalisé sur une seule tâche : s’appliquer sur ses sauts. Il apprend mieux et progresse rapidement.

En fait, l’idéal est de faire avant ces exercices avant que les problèmes de saut n’apparaissent. Dès que le chien commence l’Agility : « plutôt prévenir que guérir ».
Mais comme tous les chiens peuvent apprendre, il n’est jamais trop tard pour commencer.

Des indications claires

Le timing de l’information est tout autant important : elle doit arriver suffisamment tôt pour que le chien. Une bonne information mais donnée trop tard n’est pas plus efficace que pas d’information du tout. L’humain doit donc de son coté, veiller à travailler et améliorer constamment sa conduite.

Lancé à pleine vitesse sur un parcours qu’il ne connait pas, le chien ne peut compter que sur son conducteur pour savoir la direction à prendre avant et après le saut.

Aussi doué et entraîné soit-il, si le chien n’a pas d’indications claires, il ne peut pas préparer son saut correctement. Il doit avoir suffisamment de temps pour se focaliser sur la barre, ajuster ses foulées et positionner son corps. Et cela sera d’autant plus important qu’il devra faire un effort comme sur les tourner courts !

Le conducteur doit donc s’assurer d’utiliser un langage corporel et verbal bien compréhensible par son chien. Cela passe forcement par un apprentissage solide pour tous les deux.

Le timing est tout autant important: l’information doit arriver suffisamment tôt pour le chien. Car une bonne information donnée trop tard n’est pas plus efficace que pas d’information du tout.

Enfin, votre placement influence aussi la réussite du chien. Si vous vous trouvez sur sa trajectoire avant ou après le saut, le chien va d’instinct la modifier pour vous éviter. Son saut sera alors raté.

L’humain doit donc toujours travailler et améliorer sa conduite pour aider au maximum son chien lors du franchissement des sauts.

En résumé

Les problématiques autour du saut en Agility sont rarement le fait d’une seule cause.
Vous devrez donc agir sur plusieurs fronts et de préférence en prévention.

Après vous être assuré que le chien n’a aucune gène physique, vous pourrez passer à un apprentissage complet du saut .

N’oubliez pas que ça n’est pas parce que les barres ne tombent pas que votre chien saute forcément bien ! L’impact se fera très souvent à long terme et dans ce domaine, mieux vaut prévenir que guérir !

Vous voulez mieux comprendre comment fonctionne le saut ? Retrouvez notre vidéo d'explications détaillées sur la technique de saut!

A bientôt sur la Planète Agility

Camille